Exposition Ce qui Reste de Dani Soter
à Electric Paris

 

Olá

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La galerie Electric Paris a l'honneur de présenter l'exposition solo Ce qui Reste de l'artiste brésilienne Dani Soter, à l’affiche du 12 mai au 7 août 2022. L'exposition est le résultat d'une longue recherche sur certains thèmes qui, à première vue, semblent dérangeants, mais qui peuvent susciter plusieurs questions : que reste-t-il physiquement après notre mort ? Comment faire face à notre propre dégradation, à notre vieillissement ? Que laissons-nous de notre existence éphémère et fugace ? 

Ces questions, traduites dans une série d'aquarelles délicates, révèlent immédiatement ce qui est visible après la transformation du corps causée par la mort inévitable. Que ce soit par décomposition naturelle, par dissection ou même par incinération, nous laissons toujours une trace de notre existence, et ce qui reste littéralement, ce sont les os et les dents. À partir de ce constat, l'artiste entame une enquête artistique et forensique sur ce sujet qui se mêle et qui finit par présenter des développements très intéressants. 

Les principales références artistiques de la recherche de Dani sont la Vanitas et le memento mori. Une vanitas, qui signifie littéralement en latin futile, inutile et vide, est une œuvre d'art symbolique qui montre le caractère éphémère de la vie, la futilité du plaisir et la certitude de la mort, en s'opposant souvent à des symboles de richesse, comme l'argent et les bijoux. Les plus connues sont les vanités de nature morte, un genre courant dans l'art néerlandais des XVIe et XVIIe siècles. Les crânes sont la représentation figurative la plus claire de l'éphémérité de la vie et font partie du groupe des objets qui se décomposent, comme les fleurs fanées et les fruits pourris, par opposition aux objets qui ne se désintègrent pas, comme les livres et les instruments de musique. Le crâne illustre également des représentations médiévales de l'expression latine memento mori, qui signifie « souviens-toi que tu es mortel ». 

La partie forensique de la recherche est précisément la possibilité d'identification par la dentition, car chaque personne possède une véritable carte d'identité dans ses dents, qui peut révéler son ADN, son mode de vie et ses habitudes alimentaires, même après des milliers d'années. De plus, les dents sont les seuls restes humains qui subsistent même après la crémation, car elles résistent à mille degrés de température ! Cette recherche médico-légale a permis d'approfondir les questions d'identité, de genre et de mémoire d'une manière plus critique, qui sont représentées dans les aquarelles des masques colorés, où les couleurs apparaissent d'une manière presque carnavalesque et les mâchoires, encadrées par ces masques, sont toujours morbidement souriantes. Les expressions et les sentiments sur ces visages ne peuvent être qu'imaginés par le spectateur. Si nous voulons faire un parallèle actuel, nous pouvons parler de la façon dont nous banalisons l'utilisation des masques à cause de la pandémie, qui finissent par cacher nos expressions, et en même temps de la banalisation du sourire forcé, qui est simplement la poétique d'Instagram.

Enfin, on peut également dire que le travail de Dani Soter a un caractère social qui rappelle et flirte avec les idées du mouvement anthropophagique brésilien, fondé dans les années 1920 par Oswald de Andrade, dans lequel l'argument principal propose que l'histoire brésilienne de "cannibalisation" des autres cultures est sa plus grande force et la formation d'une identité authentique. L'idée de représenter les os est née du problème de la faim croissante au Brésil aujourd'hui, car les personnes qui pouvaient autrefois manger de la viande ne peuvent plus consommer que les os, c'est-à-dire les restes, les vestiges. Et c'est précisément cette précarité de la nourriture qui nous rappelle le rite tribal du cannibalisme. L'idée même d'organiser cette exposition dans un espace culturel qui abrite également un restaurant témoigne de l'audace et de la contemporanéité qui unit la proposition entre l'artiste et la galerie et qui entend également intriguer et provoquer ses spectateurs.

Dani Soter vit et travaille à Nice et est une artiste pluridisciplinaire depuis 1998 (photographie, vidéo, objets, dessin, peinture, installation et performance). Diplômée de la Sorbonne en langues étrangères et littérature, elle a exposé dans de nombreux pays (Brésil, Argentine, France, Mexique, Portugal, Pays-Bas, Etats-Unis, Japon). Son travail fait référence au déplacement, à la mémoire, au silence. Elle s’intéresse à la narration, au temps qui passe, à l’absence. Elle parle de la construction d’une histoire et de l’intime. Dani Soter aborde également les thèmes liés à la fragilité de l'être humain face à la norme sociale et à la violence du monde. Ses œuvres ont notamment été présentées à la Maëlle Galerie (Paris), au MAD (New York), à la galerie Plataforma Revolver (Lisbonne). Parmi ses expositions individuelles, on retient « Le banquet de noces » (Echangeur 22, Saint Laurent-des-Arbres, 2020), « Avec elle, sans elle » (Maëlle Galerie, Paris, 2018), Francisca (Maëlle Galerie, Paris, 2014), « How long is now? » (Quase Galeria, Porto, 2013), « Do começo ao fim » (Rock Gallery, Lisbonne, 2010); « O Fio de Ariadne » (Galeria do Atelier da Imagem, Rio de Janeiro, 2006); El Hilo (Palais de Glace, Buenos Aires, 2005). En 1998 est reçoit le prix spécial du jury au concours international de photographie de Beijing. Sa vidéo « Blablabla » a reçu un prix à la 9ème Biennale de Santos (Brésil). La Maison Européenne de la Photographie (MEP) et l’artiste Cildo Meireles ont fait l'acquisition de vidéos et de photographies de l’artiste. 

 

Lavinia Góes


Exposition Ce qui Reste de Dani Soter
Galerie Electric Paris
128 Rue La Fayette 75010 Paris – 01 82 28 39 80 – electric-paris.com – lavinia@electric-paris.com
Cocktail et Vernissage : Jeudi 12 Mai à partir de 18h
Du 12 Mai au 7 Aout de 2022